Découvrir Saint-Claude et le Haut-Jura

Découvrir Saint-Claude et le Haut-Jura

A quelques kilomètres de la frontière suisse, Saint-Claude est la capitale du Haut-Jura. Située au confluent de la Bienne et du Tacon, cette ville entourée par la montagne doit une partie de sa réputation à la fabrication des pipes. Visite guidée.

Riche de près d’une cinquantaine de ponts et de passerelles qui enjambent les rivières, la capitale du Haut-Jura, qui compte 11 500 habitants, est réputée dans le monde entier pour la fabrication des pipes et aussi pour la taille des diamants.

Un circuit d’une heure et demie

L’office de tourisme propose de découvrir la ville à pied pour un circuit d’une heure et demie qui permet de ne rien manquer du patrimoine de la cité, depuis les vestiges de ses remparts édifiés du temps de Louis XI jusqu'à sa cathédrale fortifiée.

C’est sans compter la visite – obligée – du musée de la Pipe et du Diamant (une bonne heure), qui permet de comprendre pourquoi la ville doit à ces deux activités sa renommée mondiale.

C’est dans le faubourg Marcel, le quartier où se situait l’ancienne entrée de la ville, que sont implantées de nombreuses fabriques de pipes.

Un long passé de tournerie

Difficile de comprendre pourquoi Saint-Claude a acquis cette renommée pipière sans revenir sur le passé de la cité. Nommé successivement Condat, Saint-Oyend-de-Joux et enfin Saint-Claude, ce centre religieux fondé par les moines Romain et Lupicin vers 430 est devenu lieu de pèlerinage, surtout lorsque l’on découvre que près de 400 ans après sa mort, le corps de Claude, abbé au VIIème siècle, s’est parfaitement conservé.

Ce miracle attire bien entendu de nombreux pèlerins. Avec le passage et le séjour des pèlerins, le commerce et la fabrication des objets de piété (statuettes, chapelets…), objets tournés en bois fourni par les montagnes voisines est florissant. Ainsi est née la tournerie qui, au cours des siècles suivants, a élargi sa gamme aux objets usuels.

Et enfin, la bruyère…

Si la pratique de la fumée – religieuse au départ - est attestée depuis l’Antiquité – on fumait alors des herbes odorantes ou médicinales -, c’est après la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb et l’arrivée du tabac sous nos latitudes que l’usage s’est généralisé. Les pipes étaient alors réalisées en terre ou en bois de hêtre, d’érable ou de buis.

Si les conditions du passage à la bruyère, qui est une racine, sont sujettes à controverses, il est certain que son usage a permis de tourner des pipes de grande longévité. Avec tout son savoir-faire en tournerie, Saint-Claude s’est imposée comme un des hauts lieux de sa fabrication.

Plus de dix opérations permettent de passer du bloc de bois brut à une pipe en état de satisfaire le plus exigeant des fumeurs. Depuis le calibrage jusqu’à l’éclaircissage, en passant par le perçage et le polissage, les maîtres pipiers font preuve d’un grand talent pour lettre sur le marché des objets qui sont entre l’artisanat et l’art.

Renseignements : Office de tourisme de Saint-Claude au 03 84 45 34 24

Auteur : Ignace Manca

© Anne Ecuyer/OT de Saint-Claude