Le retour du vinyle

Le retour du vinyle

Amoureux de la musique et fondus de vintage se retrouvent autour d'une renaissance, celle du disque vinyle. Pas uniquement réservés aux passionnés !

Porté quasi-disparu à la vente depuis l'avènement du CD, le disque vinyle qui se cantonnait aux registres du hip hop ou de l'électro est de retour dans les bacs. Objet à la fois vintage, et gage de qualité, il a le mérite d'avoir le son chaud, et de tourner le dos à la dématérialisation des objets.

Un phénomène qui vient des Etats-Unis

Aux Etats-Unis,  sur les neuf premiers mois de l'année 2012, les ventes de disques vinyles ont augmenté de 16,3% (soit 3,2 millions de disques vendus) par rapport à 2011, et la croissance est continue depuis cinq ans. Dans le même temps, les ventes de CD ont chuté de 13% quand les ventes digitales ont, elles aussi, progressé, mais dans une moindre mesure que le vinyle : +14%. Le vinyle vend donc de nouveau, c’est un fait. En France, les ventes de vinyle représentent 1,6% du chiffre d'affaires des ventes de musique sur l'année 2013. Cela reste donc marginal mais en plein essor, puisqu'il s'en est vendu trois fois plus en 2013 qu'en 2010. 

Pas un raz-de-marée

On est donc loin du raz-de-marée, mais la tendance est là : il se vend plus de vinyles qu'il y a dix ans, – et pas seulement en reggae, électro et hip hop, genres qui ont sauvé le support de la disparition. Il suffit de se rendre dans les grandes enseignes culturelles, là où le disque noir avait quasiment déserté les rayons, pour s'en convaincre.

A la Fnac des Halles, en plein cœur de Paris, par exemple, chaque genre (variété, chanson française, rock, jazz, hip hop ou électro) possède désormais son rayon vinyle, ce qui n’était pas le cas il y a quelques années. Rien à voir toutefois avec le faste d'antan, quand les mélomanes affluaient en masse des qutre coins de l'Hexagone dans les rayons géants de l'enseigne de la capitale pour dénicher les imports des Smiths ou des Stray Cats, souvent introuvables chez leurs disquaires de proximité.

Un charme « vintage »

Un regain d’intérêt qui s’explique d'abord, pour les mélomanes les plus jeunes, par la lassitude du Mp3 et du son compressé. Ils ont plutôt connu le digital et la dématérialisation et s'entichent désormais d'un objet au charme « vintage », au son chaud et au rendu des aigus incomparable ; par la nostalgie, aussi, celle des 40-50 ans, qui ont connu l'époque du vinyle, ont succombé à la démocratisation du CD dans les années 90 et ses promesses d'un son cristallin, pour revenir désormais à leurs premières amours.

Pas sûr, cela dit, que le vinyle fasse son retour dans tous les foyers. Le vinyle est loin d'être un eldorado, selon un professionnel. On sacralise artificiellement le support. A entendre les gens, on a l'impression qu'un disque vinyle est moulé à la louche... Reste qu'il donne du sens à l'écoute, il renvoie à des valeurs dans l'air du temps : le retour à une certaine authenticité, une certaine exigence de qualité. De fait, la fabrication d'un disque vinyle relève encore aujourd’hui de l'artisanat. 

Mais pourtant le vinyle se modernise : son design est plus contemporain, les platines sont équipées des dernières technologies comme le port USB pour les numériser, et elles peuvent souvent se relier à une chaîne hifi ou un home cinéma ! 

Choisir sa platine 

Tout dépend de l'utilisation et de ses priorités... Si on souhaite un investissement réduit, alors il faut se tourner vers le TD110 de chez Bigben Interactive. Certes, les fonctions sont basiques (pas de port USB) mais la qualité du son est tout à fait correcte. Pour un design particuièrement rétro, il faut se pencher vers la L-175 de chez Lenco qui sera affiché à un prix situé autour de 399 €. Entre deux, il y a l'AT-LP120-USB pour 299 €, d'Audio-Technica, qui possède une connexion USB, d'un réglage son, d'un plateau antidérapant, et de la lecture marche avant et arrière. 

Auteur : Lucien Bodard

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