Dans la vallée des Merveilles

Dans la vallée des Merveilles

A une quarantaine de kilomètres au nord de Nice, nos lointains ancêtres ont marqué leur présence à coups de gravures rupestres. Dans quel but ? Les spécialistes s'interrogent toujours.

Que voulaient exprimer nos lointains ancêtres quand ils ont gravé au pourtour de cette vallée reculée du Mercantour – à une quarantaine de kilomètres au nord de Nice – plus de 40 000 gravures « rupestres » ? L’interprétation de ces figures - elles sont de deux sortes, des sillons en V correspondant à des inscriptions ou des tracés schématiques et des dépressions ou cupules larges à fond plat - fait aujourd’hui encore l’objet de toutes les spéculations même si elle fait généralement référence à des préoccupations religieuses.

Des figures à corne et des armes

Les éléments du groupe le plus récent comportent des figures à cornes (bovins), des armes (poignards, hallebardes, haches…) des anthropomorphes et des figures géométriques. Elles font partie d’un ensemble beaucoup plus vaste de plus de 100 000 gravures rupestres toutes situées à plus de 2000 m d’altitude non loin du Mont Bego, ce qui laisse supposer que ce mont était sacré.

Pour rejoindre ce site d’exception, il n’y a pas d’autre alternative que la marche. La voie que je conseille suit le tracé du GR 5 (la Grande traversée des Alpes) que l’on peut emprunter à partir du col de l’Authion. Les visiteurs qui viennent de Nice embarquent dans un petit train jusqu’à Sospel puis affrètent un taxi qui les conduit en une demie heure au début de leur balade. Ceux qui viennent en voiture peuvent la laisser au parking de la pointe des Trois Communes

Entre les bouquetins et les chamois

Le sentier est tout de suite très alpin. Un chemin en balcon conduit à un premier col que l’on atteint au bout de deux heures de marche. Il n’est pas rare de rencontrer ici ou là des bouquetins qui sont des espèces protégées et qui sont familiers des randonneurs. Les mouflons sont plus méfiants qui restent à distance respectueuse et dont l’agilité sur des parois très escarpées nous fait nous sentir bien patauds.

La vallée des Merveilles commence véritablement sur la descente nord du col. Elle conduit de lac en lac en suivant un tracé tortueux (mais bien balisé de marques rouges et blanches) au refuge de la Vallée des Merveilles qui nous accueille pour la nuit. Il est en effet illusoire de faire l’aller et le retour et la visite des gravures rupestres dans une seule journée.

Si certaines gravures sont bien visibles du chemin, il est interdit de quitter le sentier sans être accompagné d’un guide indispensable pour la compréhension du site. Ceux qui ont le temps et l’énergie peuvent poursuivre leur chemin vers la baisse de Valmasque et compléter leur balade par une nuit au refuge de Valmasque dont la position au bord d’un lac en fait l’un des plus beaux de toute la région.

Renseignements auprès des Guides des merveilles au 04 93 13 93 34

Auteur : Joël Chaboureau

© Ignace Manca