Ne passez pas à côté de la dépression chez l’enfant

Démasquez la dépression chez l’enfant

L’enfant alterne entre crises de rires et de larmes sans motif et est difficile à vivre au quotidien. Peut-il être question de dépression ou de cyclothymie ? Notre analyse pour mieux comprendre la situation…

La cyclothymie se caractérise par des sautes d’humeur importantes en quelques secondes et parfois plusieurs fois par jour… Elles sont souvent intenses et difficiles à gérer pour l’entourage. La cyclothymie peut aussi être appelée bipolarité juvénile (BPJ) et touche la moitié des jeunes dépressifs. Sa transmission est génétique.

Identifier les symptômes dépressifs

Voici les cinq principaux facteurs qui doivent alerter sur un comportement difficile de l’enfant et qui permettent de diagnostiquer une éventuelle bipolarité juvénile (BPJ).

1) Des périodes de hauts et de bas
 caractérisées par :

- des phases distinctes d’hypomanie (excitation du sujet, hyperactivité, grande énergie, perte des inhibitions) et de dépression
 ;

- une alternance de moments de dépression irritable ou agressive et de moments d’accalmie.

2) Une prédisposition à la colère et aux crises de rage caractérisées par :

- une durée d’une demi-heure,

- l’impossible à simuler,

- une désorganisation et une régression consécutives aux crises.

3) Une hyperactivité anxieuse et des conduites “sauvages”


- l’enfant est irrité, sautillant, hyperactif,


- il a tendance à prendre la fuite en état de panique,


- il cherche à attaquer ou à se défendre de manière excessive.

4) Des conduites à risque et une attirance au risque


- opposition systématique à l’autorité morale des parents,

- pulsions involontaires pour des actes scandaleux ou interdits
,

- des actions effectuées sous l’effet de la provocation ou de la compétition,

- un mélange paradoxal avec l’évitement du danger.

5) Un mauvais sommeil et une hypovigilance (faible état de vigilance) matinale


- un endormissement à des heures tardives,


- un réveil pénible et lent démarrage de la journée,

- une durée du sommeil variable.

Si votre enfant présente plusieurs de ces signes, n’hésitez pas à consulter votre médecin traitant, votre pédiatre ou un pédopsychiatre.

Attention au mauvais caractère

En plus de la liste ci-dessus, on peut également noter qu’il s’agit en général d’un enfant que les parents ont toujours senti « différent ». Mais il est souvent juste jugé comme ayant un mauvais caractère, ses crises de colère pouvant être impressionnantes, et le diagnostic n’ayant pas été posé.

Lorsqu’il est en période haute (maniaque), il est hors de contrôle et a du mal à mesurer la portée de ses actes, il se met en danger (jeux dangereux, marcher sur des toits). Un adolescent cyclothymique a souvent une attirance pour le risque et un goût pour le scandale.  

Une grande anxiété

Les symptômes vont de pair avec une anxiété latente, et les troubles associés sont souvent une phobie sociale, des crises de panique, des TOC (troubles obsessionnels compulsifs).  Il est aussi courant que l’enfant ait un problème avec l’autorité, surtout l’autorité parentale.

Un besoin excessif d’être rassuré

La sensibilité de l’enfant le conduit à ressentir de manière très intense les séparations, notamment au moment de quitter sa mère, et il peut être particulièrement jaloux de l’amour que sa mère porte à ses autres frères et sœurs.

Il est en recherche permanente d’attention et il a un très grand besoin affectif pour être rassuré. Il est néanmoins très attachant, car il regorge d’idées pour se faire aimer par les gens qui sont sensibles à son charme et sa grande intelligence. 

Des traitements à mettre en place dès l’enfance

Afin d’éviter que, plus tard l’enfant, ne soit traité avec des médicaments inappropriés comme des antidépresseurs (qui ne feront qu’amplifier son trouble), il est important de reconnaître sa bipolarité juvénile (BPJ). Sans reconnaissance de son trouble, il y a aussi de forts risques pour qu’il aille vers des conduites à risques (addictions, conduites suicidaires) et des troubles de l’estime de soi. Le traitement se base donc sur :
- un traitement à base de thymorégulateurs pour stabiliser l'humeur, si besoin,
- une hygiène et des règles de vie,
- une thérapie cognitive et comportementale pour l'aider à travailler sur l'estime et la confiance en soi

Auteur : Linda Bachammar

© Thinkstock