Voiture : le diesel est-il toujours rentable ?

Voiture : le diesel est-il toujours rentable ?

Avec un prix de vente plus élevé et un prix du gazole à la hausse, les diesels méritent-t-ils encore d’être plébiscités par les automobilistes ? Pas sûr.

Depuis une dizaine d’années, plus de 70 % des voitures neuves vendues chaque année sont des diesels, soit trois voitures sur quatre. Avec, bien souvent, comme unique critère de choix, le prix du gazole à la pompe.

Car malgré une forte augmentation ces derniers temps, il reste inférieur de plus de 20 centimes d’euro à celui du sans-plomb 95. Une différence due à la fiscalité moins pénalisante sur ce carburant (50 % de taxes dans le prix du gazole, près de 60 % pour le super SP95). Un critère important quand le prix du pétrole atteint des sommets !

Tout dépend de l'utilisation du véhicule diesel

L’usage que l’on fait de la voiture va, lui aussi, influer sur la rentabilité. Ainsi, un utilisateur qui effectue majoritairement des trajets ­urbains rentabilisera plus rapidement un véhicule diesel. Car c’est en ville que la différence de consommation avec son homologue à essence est la plus significative.

Un paradoxe quand on sait qu’un moteur Diesel est conçu pour avaler des centaines de milliers de kilomètres sur route ou autoroute et fonctionner longtemps à température normale et régime stabilisé !

Des diesels plus performants, mais moins fiables

Il y a une vingtaine d’années, c’est la solidité légendaire de ces moteurs qui primait, au prix de performances dignes de véhicules utilitaires. Aujourd’hui, le diesel offre un comportement aussi vif qu’un modèle essence et une puissance élevée pour un appétit d’oiseau – un moteur Diesel brûle mieux son carburant qu’un moteur essence –, tout en étant de moins en moins bruyant et de plus en plus propre.

Mais tout cela se paie, à l’achat, bien sûr, mais aussi en termes de fiabilité. Le mode de fonctionnement des diesels modernes, avec des régimes élevés, des pressions d’injection toujours plus fortes et des performances brillantes fait que la fiabilité de ces moteurs s’est trouvée écornée.

Contrairement aux anciennes générations sans injection directe ni turbo, ces nouveaux moteurs supportent très mal un carburant de mauvaise qualité ou un entretien négligé et le font payer assez cher en cas de pépin.

C’est donc le seuil de rentabilité et pas seulement le prix du carburant et le différentiel de consommation avec une version essence qu’il faut avoir en tête au moment d’opter pour un modèle.

Une rentabilité déterminée par l'usage

Pour les autres catégories, c’est à chacun de faire son calcul, en fonction de l’usage, de la durée de possession et du kilométrage annuel. Car les trois premières années d’exploitation d’un véhicule neuf sont les plus coûteuses.

Le diesel est rentable à partir de 12 500 km par an, mais dans le cadre de trajets d’une trentaine de kilomètres effectués majoritairement sur route. C’est pourquoi, sur les familiales et les routières, le diesel est en pointe. D’autant qu’en province, dans les stations de supermarchés, le gazole reste très abordable. Et la plupart de ceux qui achètent des diesels font souvent beaucoup de kilomètres.

Conclusion : pour un automobiliste qui parcourt 20 000 à 25 000 km par an et garde sa voiture au moins quatre ans, le diesel peut se révéler un excellent choix. Entre 15 000 et 20 000 km, et sous réserve de garder sa voiture au moins cinq ans, le diesel peut encore se justifier. En dessous de 10 000 km par an, ce qui est le cas de la plupart des citadines, c’est l’essence qui s’impose.

Auteur : Joël Chaboureau

© Thinkstock