Voiture électrique : opération séduction

Voiture électrique

Même si les véhicules électriques sont encore prioritairement dstinés à un usage urbain avec de petites voitures, des véhicules de toutes tailles arrivent sur le marché.

Après une timide apparition à la fin des années 1980, la voiture électrique fait son grand retour. Certes, elle ne représente encore que 0,5% des immatriculations de voitures neuves, mais ses ventes ont doublé en 2013, grâce au lancement de la Renault Zoé, le modèle citadin le plus vendu en France.

150 km d’autonomie assurée

Avec le décollage des ventes ces dernières années, les progrès ont été impressionnants. L’autonomie permise par les batteries lithium Ion – technologie identique à celle de nos mobiles et ordinateurs portables – a plus que doublé, les meilleures frisant désormais les 200 km.

On peut donc, avec une conduite pas forcément économe, tabler sur un bon 150 km, davantage si l’on utilise les bornes de recharge rapide qui permettent de recharger à 80 % en 30 minutes contre 5 à 12 heures à domicile.

Les fabricants de batteries investissent désormais massivement dans le développement de nouvelles technologies : Renault, par exemple, mise sur l’autonomie de Zoé pour atteindre au moins 300 km, d’ici à 2020.

Batteries en location

Autre grande évolution, les forfaits de location de batterie ont rendu l’électrique plus abordable. Louer cet équipement, qui représente 30 à 40 % de la valeur du véhicule, abaisse d’autant son prix d’achat. En ajoutant l’aide gouvernementale de 6 300 €, le prix d’une telle voiture tombe en dessous de ceux des modèles thermiques équivalents : 15 389 € (bonus de 6 300 euros déduit) pour la Renault Zoe (88 ch), contre 16 200 € pour la version de base 90 ch de la Renault Clio à et 18 600 € en diesel.

Il faut toutefois y ajouter le coût de la location. Pour un conducteur de Zoé parcourant 20 000 km/an (kilométrage maximum au contrat de location), il faut compter 102 € de loyer par mois avec un engagement de 36 mois, soit 1 224 € par an, plus 280 € pour les recharges sur la facture EDF (1,40 €/100 km, tarif heures creuses).

Cela donne au total une dépense « énergétique » de 1 504 € par an. Avec une citadine diesel consommant 6,5 l/100 km, il en coûterait 1 690 € de gazole, soit 186 € de plus.

La location de batterie de la Zoé commence à 49 €/mois pour 5 000 km/an, soit 0,12 centimes du kilomètre, contre 102 €/mois pour 20 000 km/an, soit 0,06 € centimes du kilomètre. A ce tarif, ceux qui ne roulent pas souvent ne voient pas l’intérêt financier de s’équiper électrique.

Un prix de vente de plus en plus intéressant

La meilleure solution est donc d’acheter une électrique avec batterie. Bonne nouvelle, les tarifs de ces voitures ont considérablement chuté. Ainsi, les trois jumelles Peugeot Ion, Citroën C-Zéro et Mitsubishi i-Miev se négocient neuves autour de 17 000 € (bonus de 6 300 euros déduit), un peu plus de la moitié de leur prix catalogue lors de leur lancement ! Surtout, on en trouve désormais d’occasion, avec de faibles kilométrages, à des tarifs bien inférieurs et même des modèles de démonstration quasiment neufs et bradés.

Etre propriétaire de sa batterie est un pari assez peu risqué, car cette dernière bénéficie d’une garantie de cinq ans à huit ans, avec une espérance de vie estimée à dix-douze ans. Ainsi, une voiture payée 11 000 € peut être entièrement amortie au bout de six ans, en économisant près de 2 000 € de carburant par an, même en tenant compte des factures d’électricité. Hormis le vélo, peu de véhicules peuvent en proposer autant…

En fait, l’électrique creuse vraiment l’écart dès lors que l’on multiplie les petits trajets quotidiens, professionnels ou familiaux (trajets domicile-école, par exemple).

Bientôt, un superbonus portant à 10 000 euros

Juste avant l’ouverture du Mondial de l’auto, Bercy a annoncé la mise en place d’un « superbonus » à partir de la mi-2015. Il s’agira d’une prime à la conversion s’appliquant aux véhicules diesel de plus de treize ans dans « les zones urbaines agissant contre la pollution de l’atmosphère ».

Avec cette mesure qui concerne potentiellement 1,1 million de véhicules, le bonus à l’achat d’une voiture électrique atteindra 10 000 euros. Après l’annonce du prolongement du bonus de 6 300 euros au moins jusqu’à fin 2015, c’est une bonne nouvelle pour les futurs acheteurs.

La part belle aux économies

Economique aussi, son coût d’entretien : pas de pièces mécaniques, de filtres, de vidange, de courroies, de bougies à remplacer périodiquement, et des plaquettes et disques de frein qui durent trois fois plus longtemps, du fait de la récupération d’énergie à la décélération. Une électrique revient deux à trois fois moins cher à entretenir qu’un véhicule diesel.

Chez Renault, le forfait d’entretien d’une Zoé coûte 65 € sur deux ans, contre 205 € pour une Clio diesel. Et l’écart se creuse dans le temps, au-delà des 100 000 km, quand un moteur thermique doit subir de coûteux travaux (distribution, embrayage, alternateur).

Sans oublier un autre avantage financier, et pas des moindres, l’assurance, de 15 à 20 % moins chère qu’une diesel.

Quelques contraintes à ne pas négliger

Il est conseillé d’investir dans la pose d’une wallbox, un coffret électrique destiné à la recharge. D’abord, pour la sécurité de l’installation, puisqu’il permet d’éviter les surtensions. Ensuite, pour accélérer la recharge : avec une wallbox reliée à 32 A en triphasé, 4 à 5 heures suffisent, contre 10 à 12 heures sur une prise ordinaire. Compter 500 à 800 € si l’installation électrique est récente, le double s’il faut la rénover.

Autre obligation, disposer d’une seconde voiture pour les week-ends, vacances et autres longs trajets, surtout si l’on a des enfants, les modèles électriques étant peu habitables. Dans les zones isolées sujettes aux pannes prolongées du réseau ERDF, la seconde voiture est même impérative. De plus, une voiture électrique se prête mal à un usage autoroutier : son autonomie fond très rapidement à 130 km/h, et la panne « sèche » menace avant 100 kilomètres.

Au bilan, les contraintes montrent que la voiture électrique n’est pas adaptée à l’automobiliste urbain, mais plutôt aux ruraux vivant en maison individuelle, disposant d’un garage avec prise. Pour le citadin, il reste la voiture électrique en autopartage, du type Autolib en Ile-de-France.

Deux fiches techniques

Renault Zoé
Confort, habitabilité, agrément de conduite, autonomie, c’est la plus aboutie des voitures électriques. Equivalente à la Clio, elle offre 5 places et un coffre décent, un bon équipement (GPS de série) et un habitacle réussi. Renault propose en option un câble avec boîtier de contrôle permettant de se brancher sur une prise ordinaire. Encore rare et chère en occasion.
Autonomie: 210 km théorique, 160 km en pratique (batterie garantie durant sa location).
Prix neuf (bonus de 6300 euros déduit) : 15 389 € + loyer mensuel batterie de 49 € (5 000 km/an) à 102 € (20 000 km/an).
Prix occasion : à partir de 10 500 € (modèle 2013, 10 000 km).

Citroën C-Zéro
Conçue par Mitsubishi et relookée par PSA, cette nippone a été la pionnière du renouveau de l’électrique. Mais elle n’offre que 4 places et un petit coffre de 160 litres. Agréable à conduire, bien finie et particulièrement maniable en ville où son petit gabarit (3,48 m) font merveille. Elle offre aussi une tenue de route correcte, malgré ses accélérations modestes.
Autonomie : 130 km théorique, 100 km en pratique. Batterie garantie 8 ans par Mitsubishi, 5 ans chez PSA.
Prix neuf (bonus déduit) : 23 300 € prix négociable, en baisse actuellement.
Prix d’occasion : à partir de 9 500 € (modèle 2012, 12 000 km).

Les prix sont donnés à titre indicatif . Ils sont susceptibles de variation à la hausse comme à la baisse et n'engagent ni le support, ni le constructeur, ni le distributeur.

 

Auteur : Joël Chaboureau

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