Optimiser son assurance-vie

L'assurance vie a le vent en poupe. Les montants investis ont encore dépassé les plafonds pour des Français qui sont plus fourmis que cigales.

Une fois ouvert, un contrat d’assurance-vie se gère. L’épargnant délègue la gestion de son contrat mono support en euros à la compagnie d’assurances. Mais si l’assuré veut une gestion particulière, il lui faut transformer son contrat. Si la vie d’un contrat multi support débute elle aussi formellement à la souscription, son aventure réelle démarre avec le premier versement.

Choisir les supports d'investissement

Comment choisir les supports d’investissement destinés à recueillir les versements, et quelle répartition adopter entre le fonds "en euros", où le capital est garanti, et les supports en "unités de compte", ces fonds investis sur les marchés financiers ? Certaines de ces unités de compte sont totalement dirigées vers un seul type de produit, comme les actions par exemple, et évoluent au gré des fluctuations de marché.

D’autres sont "diversifiées" et assemblent des produits plus ou moins "volatils" (c’est-à-dire dont la valeur change fréquemment, à la hausse ou à la baisse) pour présenter des profils de risque intermédiaires.

Panacher les fonds

On trouve ainsi des fonds "prudents", "équilibrés" ou "dynamiques" ; les premiers comportent peu d’actions et les derniers sont majoritairement investis en Bourse. Dans l’assurance-vie, le souscripteur n’est pas contraint de rester sur un seul fonds : il peut les panacher entre eux. Par exemple, placer 80 % sur le fonds en euros garanti, pour construire un socle solide, et consacrer 20 % à des supports en actions, risqués à court terme, mais historiquement plus rentables à long terme.

Se faire conseiller

Déterminer la part à consacrer à chacun de ces supports est une alchimie délicate et les non-spécialistes ne doivent pas hésiter à se faire conseiller. Il ne faut pas prendre de risque avec l’épargne dont on peut avoir besoin à tout moment, ou avec celle qui est destinée à être utilisée à une date précise. Il faut donc placer ces sommes sur le fonds en euros.

En revanche, si votre horizon est long, une diversification s’impose au travers des unités de compte. Lors de chaque versement, il est possible de choisir une nouvelle répartition entre les différents supports du contrat. Sans précision, l’assureur placera chacune des nouvelles cotisations de la manière choisie pour le versement d’origine.

Arbitrer à bon escient

Un nombre croissant de sociétés vont encore plus loin et offrent désormais des options d’arbitrage automatique qui pilotent l’épargne entre les différents supports. La "dynamisation" permet par exemple d’investir dans un fonds en euros et d’arbitrer seulement les intérêts sur un fonds en unités de compte. Le capital d’origine est toujours préservé, même si les marchés financiers dérapent.

La "sécurisation" a un objectif inverse : prendre les bénéfices sur les supports les plus dynamiques - lorsqu’ils sont au rendez-vous ! - pour les mettre en sécurité dans le fonds en euros.

Des rééquilibrages réguliers

Il existe également des arbitrages permettant de rééquilibrer régulièrement la composition du multi support en ramenant l’ensemble des compartiments à leur proportion d’origine, ce qui est intéressant à long terme pour prendre ses bénéfices après une hausse de la Bourse, ou renforcer la part des actions après une baisse.

Les délais nécessaires pour réaliser ces arbitrages sont plus longs que ceux d’un compte titres : compter une semaine entre la demande d’orientation financière et sa mise en œuvre.

L’assurance-vie n’est donc pas un produit destiné à une gestion très offensive : elle reste un placement de "bon père de famille", conçu pour transporter l’épargne dans le temps, dans les meilleures conditions fiscales.

Auteur : Joël Chaboureau

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